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Carnet de voyage du déplacement de LorrAfrique à Sakou (janvier - février 2007)

Le mercredi 31/01/07

Nous voilà parti pour Sakou ! Nous prenons la route et au bout d’une demi-heure, la voiture s’arrête devant quelques villageois de Sakou qui attendaient également notre arrivée hier. Une cascade de bonjour nous tombe dessus et nous entraîne en chansons vers le village. La joie sur les visages des habitants de Sakou et dans leurs chants est déroutante ! J’ai (Delphine) les jambes en coton dans ce flot qui nous emmène lentement sur la place du village. Nous prenons place avec Bernadette au sein des villageois et des enfants. Se présentent à nous les acteurs du village (instituteurs - Chefs - association des femmes Zood Nooma…). Tous nous souhaitent la bienvenue et nous présentent les nouveaux arrivés au village. Puis les discours sont suivis de danses et de chants traditionnels. Première belle surprise, ce jour-là est un beau moment d’émotion.    
 
  Nous posons notre campement dans un bâtiment prévu pour l’occasion (nous constatons d’ailleurs que des sanitaires ont été construit quelques mois avant notre arrivée). Le temps de manger un bout, de finir notre installation et nous partons à la visite de l’école. Nous assistons au chant de l’hymne burkinabè, Ditanyè (l’hymne à la victoire), interprétée par tous les élèves autours du pavillon hissé. L’association LorrAfrique remet les dons (matériel scolaire) à l’Association des Parents d’Elèves (via Zood Nooma). Le instituteurs nous invitent ensuite à visiter une des classes, celle-ci est en très mauvais état il y a des trous sur tout le sol, les enfants et les instituteurs ont des conditions de travail difficiles !  

Le soir même nous rencontrons l’association des femmes de Sakou, Zood Nooma. Ces femmes sont impressionnantes, elles portent leurs moulins bien au-dessus de leurs têtes, ça fait chaud au cœur de voir cette réussite ! Le bon fonctionnement des moulins a suscité un engouement sur l’ensemble du village. Désormais, toutes les communautés s’impliquent pour que leur vie quotidienne soit moins dure. Nous ressentons dans cette union une force bénéfique à la survie du village.

Le soir nous sommes invités à la ronde des femmes pour danser et chanter. Nous nous amusons beaucoup ce soir-là, les femmes nous proposent rapidement de participer à leur ronde. Nous mimons leurs pas et postures en rythme, échangeons des regards et les rires éclatent à percer la nuit noire comme il n’en existe que par ici. Le langage du corps est universel !  

Première nuit en plein désert… pas de voiture, de brouhaha de marée humaine mais seulement la douce brise sifflante de l’Harmattan… Même pas le moindre moustique tant craint pour troubler ce moment magique… Juste un âne qui hennit au loin et qui énerve tous ses potes ! Qui disait que dans des endroits pareils tu te retrouvais en harmonie avec la mère nature ! Parce que là le mec il s’est planté, tu te retrouves jusqu’à 3h du mat’ au milieu des vocalises des ânes du village et à mon avis c’est leur moment préféré ! Ouais bon, c’est pas grave si on ne s’habitue pas, y’en aura d’autres des nuits à Sakou !

Le jeudi 01/02/07
   La matinée commence par une visite au catéchisme avec les enfants. En allant au marché  avec Bernadette, Clément et Abdoulaye, nous nous rendons chez le Chef et le Chef-adjoint (quartier ancien) pour des salutations.

Au marché, nous allons au contact des petits marchants et artisans. Après quelques achats et échanges avec couturiers, tisserands… nous repartons au campement où le repas se finira par une partie de « Jungle Speed » avec les hommes du village !  

Le soir, nous visitons le village et rencontrons l’Ancien, au quartier proche du marché. Sakou, étymologiquement, veut dire « pluie de cailloux » (Sa :pluie, kou : cailloux). Au village, on dit qu’il y a 300 ans environ des hommes ont choisi de s’installer dans cette plaine fertile cernée de reliefs. Le nom de Sakou fût choisi par le chef car il y eut un jour où la grêle tomba du ciel.

Le vendredi 02/02/07
Avant de partir à  Kongoussi, nous faisons un arrêt au moulin pour rencontrer René, le meunier.

A Kongoussi, nous rendons visite au Préfet et au Haut-Commissariat, qui nous informent que les démarches pour l’association Zood Nooma sont en bonne voie. Puis c’est à Oscar Sawadogo, oncle d’Alfred, que nous rendons visite, au Centre Artisanal. A midi nous nous posons pour un pique-nique au bord du Lac de Bam… Et des Flag©.  
   

Le soir, à Sakou, tô bien apprécié ! ! ! Odile nous a invité à partager le tô au sorgho rouge. Seb a fait honneur au plat, surtout que la sauce épinard est un met qu’il sait apprécier depuis sa plus tendre enfance ! Barka, Barka ! Ensuite une grande soirée  « contes et traditions orales » avec les écoliers du village. On avait prévu sept ou huit bancs sur 30m²… Les gamins sont venus à plus de 300 (ce qui fait plus de dix personnes au m² ! ! !). Les blancs « nassara » ont commencé avec « le loup et les sept chevreaux » des frères Grimm, puis les enfants des six classes ont enchaîné avec des contes typiques burkinabé, mettant en scène lièvres, hyènes, chats, lions, etc. Les contes ont toujours une morale et sont souvent très drôles. Les enfants les récitaient soit en français, soit en mooré (mention spéciale à monsieur Alfred Sawadogo, dit  « Bob » pour les traductions dans les deux sens !). Nous avons aussi lu quelques fables de La Fontaine, expliquées et traduites en mooré. Cette excellente soirée s’est achevée par un conte burkinabé raconté par le directeur de l’école et par une chanson de tous les enfants : « La vie est belle »… Bon résumé de nos impressions depuis notre arrivée à Sakou !  

Mais comment danser comme les Peuls ??? A peine les contes terminés, nous n’avions pas le temps de récupérer que les femmes peules (poulottes) nous attendaient pour des danses traditionnelles, accompagnées par leurs maris aux percussions et à la flûte (peule). La moyenne d’âge des femmes est de 12-13 ans. La particularité de cette danse se trouve dans leurs pas. (Merci Delphine pour cette précision). (De rien Karine). Bon, je voulais dire par-là que… ?…Allez, je t’aide DD, pour danser le peul (tube de l’été 2007 à coup sûr) :
1. Se pencher en avant avec le dos bien droit.
2. Balancer les bras.
3. Assouplir les genoux.
4. Onduler les pieds dans la poussière. Se référer à la leçon dans le clip filmé en direct !

Quant à Seb, il a testé la percu sur la calebasse et constate que « Ce n’est pas facile mais dans cinq ans je promets de jouer comme un Dieu ! ». Les peuls nous donnent RDV le lendemain dans leur village... 

Le samedi 03/02/07 
   Visite au village peul. Suite à la soirée et aux danses de la veille, les Peuls nous invitaient invité à venir dans leur village. Nous avons bien sûr saisi cette chance, et nous sommes partis à travers la plaine située au nord de Sakou vers 16h30 (dès que la chaleur tombe et que la lumière se fait rasante). Après une demi-heure de marche, à travers le « bafon » de Sakou, plusieurs concessions et des champs de mil, nous parvenons enfin au village peul, où les enfants sont venus à notre rencontre, pour nous accueillir. Nous atteignons avec eux les petites cases, où nous attendent les femmes d’un côté, les hommes de l’autre.  

Alors que le soleil descend derrière les collines, nous sommes installés sur des fauteuils et invités à partager le Gapal (eau de bienvenue peule ; c’est un mélange de mil moulu et de lait de vache). Les hommes commencent à jouer de la flûte peule et de la calebasse qu’ils percutent avec les doigts bagués. Derrière eux, femmes et enfants les accompagnent en tapant dans leurs mains. Pendant que Seb s’essaie à la calebasse, Delphine filme et Karine assure côté danse peule, alors que sa première tentative date de la veille !  

La rencontre se termine avec toute une série de photos tous ensemble avec les belles vaches blanches. Enfants et adultes sont vraiment émerveillés de se reconnaître sur les petits écrans de nos appareils ! L’accueil chaleureux des peuls restera pour nous inoubliable. Nous sommes également fiers de l’unité « inter communautés » que l’installation des moulins a suscité ! La nuit tombe, il est temps de regagner « Sakou - centre »…  

Les femmes de Zood Nooma nous attendent pour la réunion « inter associations ». Nous discutons avec elles de la gestion des moulins et nous leur proposons de mettre sur papier notre partenariat sous forme d’une convention, et qu’une cérémonie ait lieu à cet effet le lundi suivant. Nous échangeons des idées sur le contenu de la convention. Elles sont ravies de notre démarche et se proposent de préparer le repas comme le veut la coutume. En fin de soirée, nous nous installons dehors sous les néons. Et c’est Alfred, le griot, qui improvise quelques contes. Tous les enfants, y compris les grands, se prennent au jeu et c’est ainsi que nous embarquons dans des histoires comme seul Alfred sait les raconter ! Il a le don de capter l’attention de tous ces petits yeux qui l’entourent !   

 

Le dimanche 04/02/07

   Jour de Grand Marché, on y vend de tout, viande, légumes, épices, plantes et autres traditions médicinales, outils, ustensiles ménagers, savons, tissus, pagnes, etc. D’ailleurs Seb récupère son écharpe qu’il avait commandé le jeudi d’avant et Bernadette fait quelques achats. Ca flâne à Sakou ! Ce dimanche après-midi les poulettes cocottent avant de se faire cocotter ! ! ! Nous squattons la natte tous les quatre, faisant tourner les lecteurs mp3. Pour Alfred, deux musiques différentes dans les oreilles ce n’est pas un problème ! Toutes les 5 minutes on a le droit à une démonstration de « bon raï », l’égyptien Amr Diab : Alfred s’en donne à cœur joie, il chante et tape dans les mains. Pour Delphine c’est « Les cheveux noirs comme une pop star, c’est ce que je veux pour ce soir ! Oh, oh ! Oh, oh ! Oh ! » (le groupe belge Vive La Fête). Bien sûr on a des films pour pouvoir revivre les prestations de chacun, énorme !
En fin d’après midi, nous faisons un petit tour dans le village, visitons les chefs. Le soir, les collégiens nous attendent, alors Karine sort le paquet de cartes postales de Paris et la visite commence ! ! Seb présente aussi des photos de Lorraine. Nous nous relayons car la liste est longue et la réunion avec Zood Nooma va bientôt commencer ! La réunion nous a permis de trouver un accord sur le contenu de la convention de partenariat et sur l’installation d’une plaque pour le moulin symbolisant le partenariat entre Zood Nooma et LorrAfrique.  
 

Le lundi 05/02/07
   Nous avons donc convenu que la convention serait rédigée en six exemplaires dont trois en français et trois en mooré. Alors c’est parti, tout le monde s’y colle, pour le mooré c’est Abdoulaye qui prend la main et y’a du taff ! Pendant ce temps les femmes sont au fourneau (riz – mouton), y compris Bernadette. La cérémonie ne commencera qu’à 15h30.
Tout se passe devant le bâtiment des moulins, plusieurs discours, chants d’enfants, lecture de la convention par nous et Abdoulaye (pour le mooré), puis les signatures suivent. Nous offrons aux villageois d’autres présents (vêtements, tissus, savons, livres de contes) et en retour nous recevons deux pagnes pour Karine et Delphine, deux chemises pour Seb. Les femmes et René nous font une démonstration avec les moulins, et c’est en musique que nous quittons les lieux, comme à notre arrivée. Nous faisons honneur au repas de fête, longuement préparé par les villageoises et Bernadette.   

La journée se termine, nous avons tous passés de longues heures en plein soleil, alors sans prévenir gare Karine s’endort sur un banc, Delphine dans le hamac. La tête enfarinée notre réveil se fait devant une ribambelle d’enfants qui rient de nous voir étourdis de ce lourd repos. Les enfants nous questionnent et la discussion se fait de plus en plus intéressante. Très vite nous en venons à parler des différentes saisons en France, du climat, de la mer, de la neige, des animaux, de nos amoureux(se)… Seb participe à une séance de bendré, percussion du village. Cette nuit là, nous ne danserons pas : trop fatigués ou trop tristes de partir. Le séjour aura été fort en émotions, nous nous sentions bien ici…

Le mardi 06/02/07 
Tôt le matin nous rangeons le campement avec l’aide des hommes. Nous plaçons sacs, gamelles et les 4 poulettes dans la voiture, puis partons en faisant nos adieux et nos remerciements au village…
 

 

 
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